6 septembre 1448 – Vente de la terre et seigneurie des Essarts, sise en la paroisse de Martigné, consistant en maisons, hébergement, domaine, moulin, féage, cens, rentes et garenne, par Patry LEBRETON, seigneur dudit lieu, et sa femme, à Simon BERAUT et Jeanne, sa femme, moyennant le prix et somme de 1.000 livres tournois
L’orthographe de la seigneurie des Essarts était autrefois « les Sars » et ici il est écrit « seigneur dessars » et non des Essarts. On peut donc retranscrire soit des Sars, soit d’Essars.
Simon Berault, banquier à Laval, sut faire fortune pendant la guerre de 100 ans, acquérir des terres. Il a laissé une nombreuse descendance. J’avais publié sur mon blog sa succession : Rapports des avances d’hoiries des 12 enfants de Jean Berault et Françoise Beudin à leur succession, Martigné 1539
le prix de 1 000 livres pour une surface non définie :
Autrefois, avant les mesures de superficie venues maintenant du ciel qui mesure toute sur terre, il existait des arpenteurs munis d’une corde à la main, et on spécifiait dans les actes de vente le bornage au Sud, Nord, Est et Ouest en nommant tous les noms des propriétaires voisins. Donc même pour la vente d’une petite pièce de terre, l’acte était long car le bornage prenait beaucoup de lignes. Et aussi, la surface était certes spécifiée, mais le notaire ajoutait toujours le terme : environ.
Ici, pas de bornage ni de superficie, donc il faut croire que tout était si bien connu qu’il était inutile de spécifier ces points importants.
Pour le paiement, comme souvent, il est divisé en plusieurs parties, dont la cession d’une rente due en seigle mesure de Laval, et je constate donc que les rentes à Laval pouvaient être exprimées en seigle alors qu’à Provins, on les trouve en froment.
tricherie :
Dans leurs actes, les notaires avaient des formules pour exclure toutes les dérives futures imaginables, et la plupart du temps leurs phrases se ressemblaient, mais ici, outre les termes habituels synonymes de fraude, je découvre pour la première fois dans un acte aussi ancien un terme que je pensais récent, et qui est toujours d’actualité : tricherie. Inutile de vous dire, que j’ai souris en voyant ce terme !