En vieux français, le verbe manoir signifiait demeurer, habiter, séjourner ce qui, assez logiquement, se transforma rapidement en un substantif décrivant une demeure, une habitation, sans que celle-ci ne comportât un quelconque caractère anoblissant, même si cela sous-entendait une certaine étendue de terrain. Alors qu’on appelait manoir seigneurial la part d’héritage supplémentaire dont bénéficiait l’aîné d’une grande famille…
Le manoir est avant tout le siège d'un domaine d'origine seigneuriale. C'est la résidence ou la demeure d'un noble, son logis seigneurial. La maison forte (manoir fortifié) n'est ni plus ni moins qu'un manoir qui arbore des éléments défensifs limités (fossé, plate-forme ou talus) à la différence de la « maison manoriale » (manoir non fortifié).
Les premières manoirs sont construits a partir du XIIIe et XIVe siècle. La construction de ces bâtiments plus nombreux au XVe ou XVIe siècle, c'est-à-dire le siècle qui a suivi la fin de la guerre de Cent Ans, témoigne d'une prospérité retrouvée par une population qui reste cependant toujours en proie à la crainte de troubles.
La Mayenne, terre paisible au cœur des Pays de la Loire, se déploie comme un patchwork de collines douces, de vallons verdoyants et de rivières lentes et lumineuses. Ses bocages, ponctués de haies et de prairies, respirent le calme et le temps suspendu, où les fermes anciennes et les manoirs modestes racontent l’histoire de siècles d’agriculture et de vie rurale.
Les manoirs de la Mayenne présentent un visage architectural et historique particulièrement riche, reflet d’une société rurale hiérarchisée et profondément attachée à son territoire. Leur origine remonte au Moyen Âge, lorsque la région, morcelée en de nombreux fiefs, vit s’élever de multiples demeures seigneuriales destinées à affirmer le pouvoir local d’une petite noblesse terrienne. Ces manoirs, plus modestes que les châteaux fortifiés, servaient de centres économiques, administratifs et symboliques pour les domaines agricoles environnants. Le seigneur y exerçait ses droits de justice et percevait les redevances des paysans, faisant du manoir le véritable cœur de la vie féodale locale.